Mea Culpa (et agrega culpa aussi)

L'agreg' est une grosse bête chronophage et insatiable.

Voilà, tout est dit, voilà pourquoi (Pourquoi, pourquoi, pourquoiiii?) ce silence.

Le cœur du blog s'est ralenti, de plus en plus, jusqu'à n'émettre que de faibles battements, telle une marmotte hypothermique en hibernation, lassée des suites de métaphores pour exprimer mon désarroi à expliquer pourquoi j'étais pas là alors que c'est moi qui décide d'abord hé.

Voilà voilà.

On va donc faire comme si on avait rien vu, et consacrer un peu plus de temps à ce blog, au milieu de la préparation des oraux de cette satanée agreg', accrochée à moi, comme une tique à son scout.

Genre, j'ai plus le temps de dessiner, c'était un loisir, et maintenant, j'en ai simplement plus le temps, et l'envie s'est estompée, pour l'instant j'espère. Mais j'ai envie d'écrire, de déblatérer, d'ouvrir ma gueule, de dire des conneries. Bref, j'ai envie d'être un blogueur de plus. Alors le dessin, pas de retour pour tout de suite, mais un paquet de projets, liés à la BD, au comics etc. bref, vous verrez.

Pardon pour c'préambule foutraille.



samedi 17 mai 2014

17 Mai, journée mondiale de lutte contre l'homophobie

Tout est dans le titre. Aujourd'hui, journée mondiale de lutte contre l'homophobie.
J'ai trop de boulot, j'ai pas vraiment le temps, et ça me prendrait un temps fou de vous dire tout ce qui me tord le coeur et l'esprit. Alors voilà.

Vous me direz, c'est plus nécessaire comme journée ça, les gens ont compris !. Ah ben oui, depuis que le mariage est passé, j'oubliais, l'homophobie a disparu. Pfiout, plus de méchants gens qui cassent du trans, du pédé et de la gouine à tour de bras, de bottes et de chapelet. Ca n'existe plus. Vous avez bougé vos fesses à une manif, et maintenant, VOILA, la BA est faite.

Figurez-vous que ça existe encore, que c'est pire. Depuis un an la parole criarde et râpeuse de l'homophobie, cinglante comme un couteau, se répand, on lui laisse du terrain, sous couvert de "dialogue". Les chaînes d'info les invitent, leur donne la parole, on les reçoit à l’Élysée, on les écoute, et eux cherchent le "dialogue" à coups de "SAUVONS LA CIVILISATION DE NOS GRANDS PERES TUDIEU". 


Moi j'entends pas de dialogue, j'entends pas de compréhension, quand j'ai peur dans la rue. Quand j'ai peur de prendre sa main, quand j'ai peur qu'un regard me fasse frissonner. Que ce soit un mec, une fille, un jeune, une vieille, un noir, un blanc, un beur, un handicapé, une institutrice ou un conducteur de travaux, une dentiste, ou un fleuriste. Vous savez ce que ça fait d'être jugé, sûrement. Et d'être condamné par un regard ? D'être ramené à un stéréotype? A une image dégueulasse que les gens mûrissent dans leur cervelle étriquée, nourrie aux 24 images secondes, à BFM en boucle qui déverse les flots d'abominations de Christine Boutin, papesse Jeanne de l'obscurantisme et de la haine à poil dur ? 


Tous les jours je fais attention, tous les jours je me demande si cette rue est assez ouverte d'esprit pour déposer un baiser sur sa joue. Je me justifie, je dis "mais c'est pas grave, t'as le droit à tes opinions, toi qui me regarde de travers, de toute façon, t'as tes potes avec toi, nous on est deux, c'est sûrement de notre faute, voilà je lui lâche la main, sois content, sois rassuré, je ne suis plus une gêne, plus une nuisance. Mais en moins d'une seconde j'ai honte de moi". Je courbe l'échine devant des regards, je ne suis même pas sûr qu'on nous regarderait - sûrement pas même - mais tout pourrait arriver. Pour une caresse.

Alors, tu sais quoi ? Pour ce 17 Mai, si t'entends un de tes potes qui dit en rigolant "PD va", ou "t'as une force de tafiole", ou "t'es maquillée comme un trans" ou "vous êtes tellement proches, on dirait des gouines", sois gentil, remballe ton sourire gêné, laisse pas passer ça, remballe-le/la. Rappelle à ton/ta pote, que c'est pas drôle, que ça fait souffrir, que ça torture de l'intérieur. Parce que, oui, ça fait mal. 


Et tu peux aller voir le blog de Silver aussi: http://silverblogbd.blogspot.fr/2014/05/17-mai-2014.html
il parle bien, il parle juste, et avec lui y'a Mawy et Ganimo, alors t'as vraiment intérêt à y aller.


Ah, et va là aussi, http://www.projet17mai.com : des images, des BDs, de la tolérance. Il fait beau dehors et dans ton écran en même temps.

vendredi 11 avril 2014

Boutin, l'abomination (oups, rien de personnel hein!)



En ce moment Christine, elle débloque un peu, elle dit des mots, elle sait pas trop pourquoi ils blessent, mais bon, c'est la faute à nous qu'on a pas bien compris ce qu'était une abomination. Alors moi j'dis, dire des choses qui blesse c'est bien un truc d'ignoble personne. Mais n'y voyez rien de personnel Christine, rien de personnel, vraiment.

http://www.sos-homophobie.org/article/des-mots-qui-insultent-qui-blessent-et-qui-tuent-0

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/04/11/l-inter-lgbt-porte-plainte-contre-boutin_4399857_3224.html



mercredi 2 avril 2014

Jean Grey : "je voulais être une héroïne, pas une potiche"


Jean Grey, membre des X-Men.

Je suis déjà morte. Je suis déjà revenue à la vie. J'ai été clonée. J'ai rencontré les futurs enfants que je n'aurai jamais. Bref, une vie bien remplie.
Je suis télékinésiste et télépathe. En clair, vous ne pouvez pas grand chose contre moi, et je peux mettre le monde à genoux d'un battement de synapse. Vous devez vous dire que le sort du monde a toujours été pendu à mes désirs, mes volontés, au moindre de mes claquements de doigt.


Et bien non. Car je ne suis qu'une super-héroïne. En fait non, je suis la compagne d'une super-héros, l'amie d'un groupe de super-héros. 

Au lycée, je n'étais pas des joueuses d'échecs férues de maths rejetées au fond de la classe et du bal de promo. Je n'étais pas non plus des pom-poms ultrabright souples, flexibles, incisives. J'étais entre les deux. Un jour j'ai fait exploser la caboche d'un voisin qui voulait m'agresser … Vous le savez bien que je plaisante. Une jeune fille découvre ses pouvoirs que de façon anodine. J'ai dû faire bouger une chaise, rattraper mon poudrier, faire glisser ma rivale – celle qui draguait mon quaterback. Et j'ai rencontré Scott Summers. Beau, imposant, réservé, sa mutation est un reflet de ses blessures secrètes : une puissance mortelle qui impose un contrôle constant. Un beau mec quoi, avec des blessures. Un prototype de héros, lisse, propre. Si on m'avait dit qu'il deviendrait si froid, froid au point de se taper ce glaçon de Frost, je... Mais c'est pas la question.


"Reste derrière Jean. Nous on est utiles. On lance des boules de neige."


Comme vous le savez, rapidement, nous avons formé un groupe. 4 mecs, une fille. Quatre puissances brutes, une fille. C'est comme ça. Un gigolo qui vole, un intello bleu bestial, un stratège du combat à distance, un glaçon charismatique et … une fille. Chacun plaisait par ses qualités propres, moi surtout parce que j'étais moi, douce, compréhensive, impulsive quand il fallait. On se l'est souvent dit avec Susan Richards, nous sommes la caution fragilité, la mention ce groupe est puissant mais glamour. Alors que ces rigolos ne seraient rien sans nous. En tant que super-héroïne, je dois être sensible, secourir mon mec, mes amis, faire des erreurs, hésiter. En tant que super-héroïne, et jeune super-héroïne, je devais apprendre à aimer en même temps que j'apprenais à maîtriser ma force. En tant que super-héroïne, j'étais avant tout une femme. Une demoiselle pas trop en détresse, qui peut se débrouiller seule, mais pas trop.

J'ai porté des costumes aussi. Il fallait qu'on ait du charisme et qu'on plaise, comme disait Scott. J'ai donc porté du lycra. Comme leader musculeux il portait un costume moulant. Mais rien ne moulait ce dont il était le plus fier. Jamais son intimité n'a été un étendard. Moi si. Mes seins n'ont jamais été aussi engoncées que dans mes costumes. Je suis télépathe, je suis télékinésiste, je n'ai pas besoin qu'on voit mes muscles, et encore moins mes seins écrasées et saillants. C'est ça aussi être une super-héroïne, être sexy. Ça semble pas vous étonner. Mais pourquoi faire ? Je peux aussi décapiter le Fléau d'un battement de cil en jogging. Et pour être sexy, fermez les yeux, vos fantasmes les plus crus vous feront jouir en moins de deux.


 Non, pas simplement dévier une roquette. Mais supporter des talons, éviter à ma jupe de se soulever, réussir à respirer dans ce latex, maintenir mon brushing sauvage et tenir la pause. Mon job.



Mais non, je n'étais qu'une potiche. Les forces surhumaines, c'est pour les mecs. Le contrôle mental, pour notre mentor, le Professeur. Plus les années passaient, plus les filles nous rejoignaient chez les X-Men (Men, as usual...). Ororo contrôle la météo, Kitty passe à travers les murs, Emma contrôle les esprits. Ah tiens, comme moi. Et comme moi, elle va se taper le mec, le vrai, le seul de l'équipe. Nous les filles on est pas faites pour le combat bien viril, on reste proches de Mère Nature, on évite les coups, on détraque bassement vos esprits. Et un jour, Emma a subi une nouvelle mutation. Elle pouvait se changer en diamant. La goutte d'eau. Elle a évolué hein. C'est un diamant. La féminité incarnée. Pour vous, hein, nous ne sommes que des bijoux. Des super-bijoux. C'est tout, c'est toujours ainsi. TOUJOURS.


....


Pardon, je ne voulais pas. J'ai plus de mal à me contrôler maintenant. J'espère que vous n'avez pas eu trop mal, je... pardonnez-moi mais vous voyez, à force de se contenir.

Vous savez, j'avais réussi à me détacher de l'emprise de Scott. Il était toujours là, mystérieux, tellement secret que je ne lisais même pas en lui. Mais il était beau. Tout le monde me le répétait. Personne ne voulait croire que je ne pouvais être heureuse. Puis j'ai appris ce qu'il était. Un pervers narcissique. Il m'étouffait, et personne ne voulait le croire. J'ai décidé de prendre le large.


Mais ça n'a pas duré. On aurait dit que je ne pouvait pas rester libre. Une super-héroïne ne peut pas vivre sans une idylle, sans un héros pour la révéler à elle-même. Le bad boy est arrivé, Wolverine. Mon cœur de midinette complètement chamboulé. Pourtant j'avais grandi, j'avais changé. Comme si je ne pouvais pas cesser d'être sottement attachée à l'amour. Je sais que je suis plus forte que ça, mais c'est comme écrit d'avance : ma fille, t'as beau pouvoir tout faire, faut du sentiment.
Pendant ce temps, tout le monde apprend à maîtriser ses pouvoirs. Et moi je continue à être la caution glamour, l'amoureuse.







                                                                Always the same story...




Et puis un jour, marre. Vraiment marre. Vous savez la suite, le Phénix, la fin du Monde tout ça. Mais avant, je me sacrifie, je veux sauver les X-Men. Oui, depuis toujours faite pour ce sacrifice. Je n'étais plus une jeune fille vous savez. Je n'étais plus seulement belle, seulement sexy. J'avais appris à protéger, comme une vraie mère. Le jour où j'ai révélé tout mon pouvoir, je me suis sacrifiée pour les sauver, tous, tous les X-Men. Dans l'espace, ou... je ne sais plus trop. Putain, j'aurais pu faire tellement avec ses pouvoirs, pourquoi je m'en suis pas sortie. 


Ah mais j'en suis sortie. Je suis revenue méchante, bouuuh, Le Phénix Noir. J'ai failli tout détruire, tout le monde me craignait. Je n'étais qu'émotions pures. Parce que ma puissance pouvait pas être pure elle, fallait encore que ce soit impulsif, irréfléchi. Pas être un super-vilain avant d'être une meuf tarée qui explose. J'allais le faire, j'allais leur montrer et... Non, encore une fois, je suis faible, une femme. L'amour. Scott, ou Wolvy, je ne sais plus. Un homme en tout cas, un homme me ramène à la raison, je redeviens gentille. Et être gentille, c'est se conformer aux volontés de l'équipe, aux volontés des mecs, des vrais héros, ceux qui saignent.



Pleurer, avoir des amis: Phénix domestiqué



Oui, j'y viens, j'y viens. Je n'ai plus grand chose à dire. Je n'en peux plus. Vous avez entendu parler de Psylocke ? Ah oui, ça, ça vous vous en rappelez. Vous savez quoi ? J'ai rarement vu un mutant si puissant. Elle pouvait tout faire, tout détruire. Et vous savez pourquoi elle pleurait le soir ? Pas des grandes responsabilités qu'impose un grand pouvoir non, elle pleurait de devoir se pavaner à moitié nue, tout le temps, toujours. Vous avez déjà essayé d'être pris au sérieux, en string, avec votre cravate et vos bretelles vous ? 

Être une super-héroïne, C'est ça ? Et la Sorcière Rouge, vous savez qui c'est hein. Contrôler la réalité. Pouvoir mettre la terre en boîte. Magie de la super-héroïne : des talons aiguilles, un corset, Moulin Rouge avec une cape. Et puissance maximum quand son frère est tué. Une réaction émotive, juste un enfantillage d'une pauv'fille incapable de maîtriser sa putain de force.


Avant d'être puissantes, avant d'être des mutants responsables, nous sommes des femmes, nous sommes ce qu'on voit comme des femmes, comme des caricatures. Notre pouvoir n'est qu'une façade, nous ne serons jamais qu'une vitrine pour ces messieurs. Et les vitrines, moi je les brise.


Je ne me justifie pas. Je voulais qu'on voit que je n'étais pas qu'une greluche. Je n'ai pas le goût du sang. Mais la sauce a débordé. Il voulait encore que je porte du latex aujourd'hui. Oui Oui, Scott et moi c'est, c'était reparti. Je n'ai pas voulu, je peux détruire une Sentinelle sans parader comme ça. Fais ce que je dis, je dirige cette équipe. Non, non, je ne veux pas. Fais-le. Sa poigne sur son bras, ses muscles saillants, respirant la force physique, transpirant le mâle, le puissant. Pas si puissant. Un esprit finalement faible. Je n'ai eu qu'à serrer les dents. Un léger craquement. Je ne sais pas trop, un AVC, un coup du lapin ? Ça ne m'intéresse pas. Je ne me suis pas vengée, je me suis défendue. Mes pouvoirs sont les miens, je les ai utilisés pour me défendre. Je n'ai pas tué un héros. J'ai réagi à une agression répétée. J'ai agi comme je le voulais. J'ai pas fait mon caprice, ma colère. J'ai pas voulu venger toutes les héroïnes le cul à l'air. Mon pouvoir imposait de grandes responsabilités, j'ai agi en héroïne.

Maintenant je suis Jean Grey, libre. Et vous ne vous souviendrez de rien, Inspecteur.

samedi 29 mars 2014

Expo marvel ? Un coup de pelle.


Exposition Marvel au Musée des Arts Ludiques : Ce sera là la seule information neutre de cet article, z'êtes prévenus.

 

 


Soyons clair, j'adore l'univers Marvel. Depuis tout jeune je m'intéresse aux persos, à leurs relations, aux métaphores que peut cacher tout ça. Bref, j'aime les donzelles et donzeaux en collants.

Mais je trouve plus de plaisir dans les super-héros que dans les patineurs.

Alors quand Le Musée des Arts Ludiques annonçait une exposition sur les super-héros et Marvel, j'étais aux anges, plein d'attentes, et impatient. Et, comment dire, ce fut comme une douche froide sans Norman Bates. DECEPTION. Et je vais tenter de vous dire pourquoi, en essayant de contrôler – un tant soit peu – mes sarcasmes.

Pour commencer et pour être honnête, il y a des points positifs. Ah non, en fait il n'y en a qu'un. Les illustrations choisies sont de toute bôôté. Les planches de dessin numérique des films Marvel en grand format sont bluffantes, même si le film prend ainsi les ¾ de la place sur les comics, les planches encrées sont magnifiques mais sans légendes... Ah non, tiens on dérive vers les points négatifs. Alors on y va, c'est joli et on présente les artistes, les scénaristes et dessinateurs (ce qui est rare), MAIS....

Avant de rentrer dans l'expo. Joie.

On va faire des sections thématiques pour s'y retrouver un peu.

L'organisation :


Tout commence bien, on entre dans une salle consacrée à Captain America. Un témoignage de Stan Lee sur les comics, et leur entrée au musée. Cool. L'interview de S.Lee dure 2 min. « Ce serait bien de voir les super-héros au musée ». Ok, bon, y'en aura sûrement d'autres des vidéos hein (j'aime pas le suspens, alors je vous le dis tout de go, les vidéos de l'expo valent leur pesant de cacahouètes. C'est Ciel ma Tautologie).

Un cartel nous indique que Captain America a été créé en en pleine guerre mondiale (en 1940) et que blablablabla. Ben non justement, le blabla, y'en a pas. Toutes les descriptions de l'expo tiennent en 4 lignes. Merci Wikipédia. Un cartel d'explications et on a toute une salle de planches de comics, de storyboards. Rien, pas un mot dessus. Rien sur l'évolution des personnages, rien sur leur parcours. Le cartel sert d'introduction à la salle: c'est malheureux de voir que le monde des X-Men si riche tient en "Ce sont les enfants de l'atome, parce que à cette époque l'atome on en avait peur. Ils ont peur d'être rejetés alors ils se rassemblent." Que le parolier d'Amel Bent se dénonce.

Le bouquet : à côté des gros bonhommes, les Vengeurs, les 4 Fantastiques et les X-Men, on a les petiots. Le Punisher a un cartel rikiki et 2 illustrations, Iron Fist de même. On se demande pourquoi ils sont là. Ah oui, un couloir à remplir. Au temps pour moi.

En fait, tout a l'air d'être rempli, mais c'est du vent. Prenons l'exemple de la salle « consacrée » aux X-Men : un cartel aussi petit qu'un nem, et après... ben plus rien. On regarde des planches, des couvertures, c'est beau. Mais c'est tout. Z'allez me dire, mais on vient pour ça, pour voir des trucs ! Oui, mais pas que. Une expo qui veut porter « sur les super-héros », sur « Marvel », doit montrer une progression, une évolution, des styles, des univers, des personnages. Mais non, tout est mélangé, pas de chronologie. Un chatoiement d'illustrations sans ordre.
Genre, ne pas mettre les premières planches de chaque licence, ne pas montrer les premières planches patriotiques de Captain America, qui ont une vraie valeur historique ? Ben non.


Ne pas s'énerver.

J'étais mal à l'aise pendant toute l'exposition, je cherchais le but, mais pourquoi ? Pourquoi nous mettre tout ça sous les yeux sans explications. Ce n'est pas une galerie d'arts, pas un espace commercial, on n'est pas là pour choisir, mais pour s'instruire. Être ludique : trouver l'équilibre entre le divertissement et le savoir. Ben moi j'ai trouvé ni l'un ni l'autre.


L'expo pour les moutons : 

 
C'est un peu ça : « Regardez les gens, toutes les jolies images. Regardez, c'est joli ! Hein ? Mais on s'en fout de savoir qui c'est lui, et d'où il vient, et pourquoi on l'a créé ! Nous on veut que tu le trouves joli, et que t'aies envie d'acheter. » Oui mais d'acheter quoi ? C'est simple. On le voit dès la première salle.


L'expo sur les films Marvel, rien à foutre des comics : 
 
Voilà, et c'est triste. Dès la salle sur Captain America, le ton est posé. C'est une expo sur les films, sur la licence des films Marvel. Les recherches magnifiques sur chaque personnage ont beau être magnifiques, ce sont des appels du pied, qui prennent toute la place. A peu près les 3/5e de toute l'expo sont consacrés aux films. On reconnaît Chris Evans, S.Johansson, R.Downey. Bref, on est émerveillés, on les reconnaît, on reconnaît la moto de Captain America, le masque d'Iron Man dans le film et …. STOP. Là, c'en était trop pour moi. J'étais dans un magasin de goodies de films, un prétexte gros comme un morse pour cacher les deux mains qui se frottent avidement. Et moi qui comme un con me demandait pourquoi il y avait si peu d'explications... Non non, ce sont les films que vous allez voir décortiqués là. Même pas décortiqués d'ailleurs, juste un reflet, des images inédites, des bonus en fait. Vous serez bien contents, vous aurez vu ce que vous connaissez, mais sans rien apprendre.
Et attention, je veux pas vous spoiler, mais à la fin de l'exposition, on a toute une salle consacrée au prochain film de Marvel... Dont le seul intérêt est de.... vous rappeler d'aller acheter prochainement un ticket de cinéma. Là, je n'en pouvais plus, aucun livre d'or, et c'est tant mieux. Prendre les gens pour des vaches à lait à ce point, c'est dégueulasse.

Ahah, prends-ça créativité, prends ça univers riche, prends-ça l'amateur !

Ah encore un truc : dans la dernière salle, un écran projette des extraits des films et montre combien les illustrations présentées collent aux séquences des films. Ben oui, on a renversé le schmilblick, le dessin, la création au service de la mise en image, du film, de l'industrie, du marketing. Passez à la trappe comics, univers fantastiques, on va vous servir bien assaisonnés, bien à la mode licence fructueuse. Le comics n'est plus qu'un prétexte, plus qu'un écran de fumée, une belle expo pour consommateurs bien contents de mater des « inédits », de pas se poser de questions.


Maintenant que vous aurez compris qu'il s'agit là d'une expo qui ne vous apprendra rien si ce n'est que c'est beau le travail d'un artiste du numérique et que y'a des films de la licence que vous avez pas vus, qu'il vaut mieux voir des films qu'acheter des comics hein, voyons des problèmes de fond.

« Mais qu'est-ce-qu'il raconte ? »


A certains endroits, des écrans vous racontent des trucs sur les super-héros. Je me suis dit, chouette, des infos qui viennent d'historiens, de philosophes, de scénaristes, d'artistes ! Renouveler un peu la perception du genre ! Mais quel con ! Pourquoi faire si bien ? Mieux vaut prendre les visiteurs pour des imbéciles. Ces messieurs le philosophe et l'historien, on sent bien qu'ils se débattent. Ils lancent des pistes intéressantes, sur le statut du héros antique/moderne, sur la symbolique des couleurs etc, mais rien ne décolle, rien de dépasse le stade des banalités. « Quand on met du jaune, ça rappelle l'électricité ». A cette phrase, un gamin (pas plus de 10 ans), soupire et s'éloigne. Que dire de plus ?

Super idée d'inviter des artistes pour parler du travail des dessinateurs de comics, dont le frenchie Olivier Coipel (gaaaaaah!). Mais non. L'impression d'être dans une séance de dédicace. J'étais embarrassé de voir qu'on demandait à O.Coipel de décrire comment il dessinait Spiderman : « ben, je commence par la tête, et après je fais le reste du corps et puis, et puis... ».

 Voilà, génial de faire intervenir des auteurs de comics, mais j'avais l'impression de retourner dans la cour du collège : « hé toi tu sais dessiner ? Tu fais comment ? »
 - Ah, ça t'intéresse ? Ben écoute, moi j'aime bien m'inspirer des super-héros d'univers différents, et j'essaie toujours de...
- Nan mais dessine, cause pas, c'est mieux, allez, fais moi un monstre ».

Tristesse.

Attends, je me sors de cette expo et j'te rappelle.


Ah et puis, je n'ai rien contre J.Sfar et Zep, leurs boulots de qualités m'ont toujours accompagné dans mon parcours de lecteur. Mais que font-ils là à enfiler des perles sans discontinuer sur un sujet – les comics – qu'ils ont sûrement connu, mais ne connaissent pas de l'intérieur ? Où sont les dessinateurs de comics français, les autres ? Ah mais non. Marketing vous dîtes ? Deux auteurs super-connus valent-ils mieux que des professionnels du comics ? Ah ben oui, je suis con. Encore.


Le sexisme :


Pour finir, parce que sinon ça va me prendre toute la vie. Y'a une grande absence dans cette exposition. Ou plutôt une absente de taille : la super-héroïne. On se dirait presque « oh, c'est principalement des héros masculins qui sont les leaders, c'est normal ». Déjà, je vois pas en quoi c'est normal, connard (oui parfois j'insulte mon moi dialogique quand il déraille), mais ça ne s'arrête pas là.

 La salle des Vengeurs consacre à tous les personnages principaux de l'équipe un petit secteur de la salle. Mais non, pas tous, car une pauvre demoiselle résiste encore et toujours, ah c'est bien sa faute. Le parti-pris cinématographique de présenter les Vengeurs du film Avengers aurait conduit à évoquer Black Widow (Veuve Noire). Ben non. Rien sur elle. D'une c'est une femme, de deux il n'y a pas d'objets à son effigie à vendre à la boutique (on y reviendra). Sa seule présence : une toile taille humaine de Scarlet Johansson, de dos, bref, on voit ses fesses, ses courbes moulées. Et c'est tout. C'est bien suffisant pour le visiteur « moyen » que veut cibler le musée. L'adolescent et le geek débile qui se paluche sans concession devant Avengers. Où est la Sorcière Rouge ?
La salle sur les X-men est pour moi la plus insultante, les persos féminins étant pourtant très présents dans l'univers des mutants, en formant un noyau dur. Que nenni, rien sur une figure féminine. Ah si, j'oubliais, un joli choix de planches. Seins, fesses, bouches ouvertes, vous verrez Tornade, Malicia, Jean Grey dans toutes les positions.
Comment vendre ? Ah ben, encore cette question tiens.

Les filles de l'expo. En gros.


Ah et je vous avais dit que dans la salle des 4 Fantastiques, Susan Richards n'a qu'une seule représentation perso, habillée en belle bourgeoise, en rose, et envoyant un « baiser à tous ses fans » ?
Voilà.
Le machisme déroutant de cette exposition, où la parole n'est donné qu'à de gentils « experts » mâles qui s'adressent aux « petits garçons » qui lisent les comics m'a vraiment interpellé. Je pensais pas qu'il me frapperait comme ça. Là, c'était flagrant.


Acheter, payer, se faire plumer :


Bref, pour finir, parlons fric, flouze. 15€ l'entrée, avec réduction. Oui, plus cher que le tarif plein du Louvre. Tu m'étonnes que tu t'attendes à quelque chose de bien en y entrant, et que t'as qu'une envie, déchirer un livre d'or en sortant. Purée, le mec qui l'a fait avant moi, j'te hais, ça soulage.
Ah et pour 15€, vous avez des comics d'excellente qualité à vous acheter/à offrir. Je dis ça, moi hein.

Et la boutique : ben, allez dans vos Magasins Album quoi. C'est la même chose. Ah non, vous pouvez aussi acheter des statuettes à 400€ et des mugs à 25€. Comment ça, une expo pour pigeons ?


Pour résumer :

 L'Expo Marvel est jolie. Voilà. On admire le travail des dessinateurs. Mais ça s'arrête là. Pour moi, les scénaristes sont oubliés, gommés, effacés. Un coup de Charles Xavier ? Sûrement. On est devant un album Panini, de jolis autocollants, de grand format, INEDITS. On appuie sur ce qui fait vendre, on montre le bouclier de Captain America (MAIS SIIIII CELUI DU FILM). Bref, on prend l'amateur de comics pour un idiot, un décérébré qui lit pas le texte dans les cases, dans les bulles. Un décérébré qui voit dans la femme une paire de seins dans du latex. Un lecteur qui ne peut jamais être une lectrice (d'ailleurs, faudrait mettre un autocollant à l'entrée : déconseillé aux femmes, ce monde n'est pas le vôtre). On prend tellement l'amateur de Marvel pour une buse qu'on ne cherche à lui expliquer rien du tout.

Je suis déçu, déçu par toutes les possibilités qui auraient pu voir le jour avec cette expo, enfin reconnaître un apport culturel à la culture pop', un fond philosophique, sociologique. Une vraie expo quoi, un vrai musée quoi. Wanda Maximoff, claque des doigts s'il te plaît : « Qu'il n'y ait plus d'expo déshonorante ». Merci.


jeudi 26 septembre 2013

Samedi, Festiblog, ouais.






















































 


Et euh, oui bon, l'état de ce dessin te laisse bien comprendre, ami lecteur, que je me donne à fond en ce moment. C'est l'extase.
BREF, samedi je serai au Festiblog, en face de la mairie du 3eme arrondissement à Paris. Si tu viens, on peut patienter ensemble dans la file d'attente pour Macadam Valley, discuter, dessiner, bref, tailler une bavette*.




* et vendre nos dédicaces aux enchères.





mardi 24 septembre 2013

Marianne Chaussette (ou comment faire survivre son blog)



Alors voilà, l'année de prépa agrég' a commencé, et bon, comment vous dire. Je vais essayer de poster de temps en temps, des dessins, des griboullis, j'en ai même en avances tiens. Mais c't'assez difficile, j'ai un rythme de boulot proche du frétillement incessant de saumon remontant coûte que coûte le courant, au mépris du danger des grizzlis goguenards et affamés. Oui, je bosse comme un saumon.
Dooooonc, passer son temps en bibliothèque c'est chronophage, je fais ce que je peux pour survivre, alors je vais faire aussi ce que je peux pour faire survivre le blog. Soyez patients, soyez gentils, soyez cools quoi. :)

BREF.
Comme promis, et suite à vos hurlements incessants et au charme cristallin, voici La Marianne Chaussette !























































Oui, j'imagine que vous êtes heureux d'avoir attendu jusque là. Comme je vous comprends.

dimanche 8 septembre 2013

Nouvelles Marianne, la poste me jalouse.

Hey, nouvelle fournée de Marianne, et y'en a pour tous les goûts !

-Une Marianne autoritaire, gage de calme et de lacrymo :
















 







































-Une Marianne Harley Quinn (mais si vous savez la fiancée du Jocker, adepte du maillet et du Carnaval):




















































 




-Une Marianne Arachné (désolé les phobiques, vraiment désolé):





















































Et à suivre, une MARIANNE CHAUSSETTE (comme tu es impatient/e).